Archives de catégorie : Toutes les séances

18/10/19
La crise du politique
René Teboul

Crise du politique

René Teboul*

Le mouvement des gilets jaunes est considéré comme une crise du politique. Mais il n’en est qu’un aspect particulier. Cette crise du politique, même si elle prend un aspect aigu en France, est plus généralement la conséquence de la dérive des formes de la démocratie représentative. On peut la relier à la crise économique de 2008 dont les comptes n’ont pas été encore soldés. A l’ère de la mondialisation, on parle de post démocratie pour désigner ce système de gestion du politique qui finalement se passe des électeurs, qu’on appelle cela la gouvernance, la dictature des experts ou de Bruxelles, le résultat est le même et se traduit aussi bien par une méfiance de plus en plus grande vis-à-vis des politiciens de profession qu’une forme d’impuissance de la classe politique face aux dérives des marchés. C’est ce qui explique que l’abstention aux élections européennes soit aussi élevée, ou encore qu’un peu partout soit revendiqué l’avènement d’une forme de démocratie directe à inventer, mais clairement en opposition à la démocratie représentative. On remarque aussi que dans le même temps, les partis et les syndicats et les autres corps intermédiaires ne semblent plus jouer le rôle qui était le leur par le passé.

Comment les autorités, légalement dépositaires de la force, tentent d’y faire face en cherchant à contourner leur perte de légitimité dans l’opinion. On verra que cette perte de légitimité touche non seulement l’instance politique, mais aussi les institutions qui la supportent comme les médias, la justice ou la police. l’exemple le plus fort est sans doute la dérive autoritaire, pour ne pas dire plus, du régime macronien.

*René Teboul est Maître de conférences de l’Université de la Méditerranée (retraité), habilité à diriger des recherches, Directeur de recherche au CEFI-CNRS

25/09/19
La privatisation des entreprises publiques
Hadrien Clouet

Conférence-débat avec Hadrien Clouet

Chercheur au CNRS sur les partenariats public/privé

Sociologue

Docteur en sciences politiques

Les privatisations en France ont commencé en 1986 sous le gouvernement de cohabitation dirigé par Jacques Chirac. Certaines de ces privatisations concernaient des sociétés fraîchement nationalisées, comme Paribas ou Saint-Gobain, à la suite de l’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981. Ce mouvement de privatisation qui était au début une réaction aux nationalisations précédentes a perduré pour d’autres raisons, comme la concurrence économique ou la réduction de la dette publique. Ainsi la part de l’emploi public par rapport à l’emploi salarié est passé de 10,5 % à 3,4 % entre 1985 et 2011 et sur la même période le nombre d’entreprises publiques a diminué de moitié1. Fin 2013, l’État contrôlait majoritairement, directement ou indirectement, 1 444 sociétés qui employaient 801 270 salariés. 30 ans auparavant, 3 500 sociétés étaient sous contrôle de l’État et les effectifs salariés atteignaient les 2 350 000 personnes…

17/05/19
Les Droits de l’Homme
Anaïs Simon

Les Droits de l’Homme

Conférence-débat avec Anaïs Simon

Comment définir « l’Homme » dont il est question dans la Déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen ? Il semblerait que la Déclaration elle-même soit justement le lieu qui décrit cet « Homme », et qui par conséquent l’institue, plutôt qu’elle ne s’appuie sur un homme existant. A ce titre la Déclaration est prescriptive de ce que doit être l’Homme moderne, le nouveau citoyen, et partant, le type de régime politique qui le rend possible. D’où cette question : faut-il entendre l’ensemble de l’humanité comme la somme de tous les hommes réels et existants ? Ou s’agit-il de l’idée d’homme, d’une essence de l’humanité ? Selon la première hypothèse, les droits de l’Homme, reliés à leur situation historique d’apparition, supposent que le peuple français se constitue symboliquement comme le représentant révolutionnaire de tous les peuples oppressés : le citoyen français serait le modèle pour tout homme. Selon la seconde hypothèse, les droits de l’Homme seraient moins les droits des hommes, que ceux de l’humanité, entendue comme abstraction qui pourrait jouer le rôle d’une idée régulatrice ou d’un paradigme.

26/04/19
Qu’elle place pour l’économie dans la Constitution
Renato Di Ruzza

VENDREDI 26 AVRIL 2019 de 19 HEURES À 21 HEURES

La place de l’économie dans la Constitution

La Constitution de la Véme République accorde peu de place dans sa rédaction.

Faut-il que la Constitution et l’économie se rencontrent et cohabitent, le législateur doit-il prendre partie. Comment l’économie est parvenue, en tant qu’activité humaine et système d’organisation des échanges, à modifier le texte fondamental ?

Conférence-débat avec Renato Di Ruzza

Économiste, Agrégé et Docteur d’Etat, ancien directeur scientifique à l’Iseres

Professeur émérite, ancien directeur du département d’ergologie de l’université de Provence. (département de philosophie) et membre du Centre d’épistémologie et d’ergologie comparatives (UMR CNRS) depuis 1997

Accueil à 18 heures 30 Salle Municipale de Lascours – 1 montée de la Calade – 13360 Roquevaire

Contact : Fred : 06 07 21 93 01 – Jean Pierre 06 52 786 785

Lien maps : https://goo.gl/maps/wFRqJSADviX4GuuP6

29/03/19
La démocratie
Yves Pillant

La démocratie, tout le monde en parle mais qu’en dire aujourd’hui ?

Est-elle un régime politique parmi d’autres ? Quelle place donne-t-elle au peuple ? Mais que signifie « peuple » puisque les totalitarismes s’en réclament aussi ? Et si elle permettait que la singularité de chacun-e puisse trouver son mode d’expression avec les autres ?

Yves Pillant, docteur en philosophie, est formateur. Il accompagne les structures et acteurs du champ social dans leurs évolutions.

01/03/19
La Constitution sous les IV et Vèmes Républiques
Stéphane Rio

La constitution sous les IV et Vèmes Républiques

La Constitution du 4 octobre 1958 a été conçue pour mettre un terme aux excès du régime d’assemblée, dans un contexte marqué par l’incapacité de la IVème République à affronter les crises de la décolonisation.

Au centre se trouve le Président de la République, « clé de voûte des institutions ». Il assure, par son arbitrage, « le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ». Son autorité s’est progressivement renforcée.

Conférence-débat avec Stéphane Rio

Stéphane Rio est agrégé d’histoire, Doctorant à l’Université de Valenciennes
Professeur d’histoire et géographie à Marseille

04/07/18
Vacances d’été

Cette année, l’Université Populaire du Pays d’Aubagne et de l’Étoile a organisé 36 soirées  dont les vidéos sont accessibles gratuitement

https://www.youtube.com/channel/UCoJUIwJtNVCFNaUxsSvZ0Dw/videos?view=0&shelf_id=0&sort=dd

Toute l’équipe vous souhaite d’excellentes vacances d’été et vous donne rendez-vous le 3 septembre !

12/06/18
Penser l’exil
Augustin Giovannoni

Penser l’exil

Devant l’ampleur de la crise dite migratoire en Europe et les difficultés qu’elle pose en regard de la citoyenneté et du droit d’asile, la pensée politique moderne se doit de réexaminer ses fondations et ses configurations. Penser l’exil aujourd’hui, c’est défendre des formes transnationales de citoyenneté et développer une politique de traduction entre les cultures valorisant des processus d’appartenances multiples. Intégrer l’exil dans une pensée politique aujourd’hui, c’est suggérer une politique hors-sol, non définie territorialement, ce qui est le cas du droit international actuel. Par ce moyen, il sera possible de contrer les politiques du chaos productrices de misère, de violence et d’inégalité.

Augustin Giovannoni
Agrégé et docteur en philosophie. 
Il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur l’exil et la question du sujet, notamment 
Les figures de l’homme trompé aux PUF, 
Désir et mélancolie chez Art Fiction, 
Immanence et finitude chez Spinoza 
Pour une politique hors-sol (sous la direction d’Augustin Giovannoni et Alexis Nouss)
aux éditions Kimé

 

 

05/06/18
L’irrationalisme religieux
La religion – Philosophie – Monique Pillant

Monique Pillant*

Philosophie

La religion

05 juin : La revendication de l’irrationalisme religieux :
le besoin de croire à une transcendance.

* Monique Pillant, est professeure certifiée, a fait ses études à l'université d'Aix-en-Provence, enseigne la philosophie depuis 25 ans et depuis plus d'une quinzaine d'année au lycée Thiers de Marseille.

« Nous employons sans trop de difficulté le mot religion : serait religieux un système de croyances, lié à une activité rituelle et cultuelle, relative à un ou des dieux, en un espace sacré, par opposition à l’espace profane. Pourtant, pour citer Jean Bottero, l’historien, spécialiste de la Mésopotamie, « dans la religion Dieu vient assez tard et il n’est même pas nécessaire qu’il vienne » : il y a des religions sans dieu, et aussi des sociétés où la religion est partout, et ne se tient pas dans l’espace du temple, de l’église, de la mosquée. Pour résoudre la difficulté constituée par l’irréductible hétérogénéité des religions dans l’espace et le temps, on s’est avisé de la réduire à une ou des fonctions, fonctions psychologique ou sociale, ou encore idéologique. Loin de se caractériser par un contenu de croyance, elle se tiendrait dans la fonction qu’elle sert : rassurer et protéger de l’angoisse du lendemain, justifier l’ordre social et ses injustices, fonder la communauté sociale. Dans ces conditions, on peut penser une religion séculière, par exemple marxiste, et même tuer en son nom, comme le faisaient notamment les Brigades rouges. Mais n’est-ce pas passer à côté de ce qui distingue essentiellement la religion de toute autre forme de croyance ou d’adhésion ? La réduction fonctionnelle fait l’impasse sur la foi du croyant, et sa relation personnelle au sacré. Tenir compte de ce mysticisme propre à la religion, prendre acte de son irrationalité, c’est comprendre que la religion se tient dans un libre engagement de chacun dans une perspective existentielle de salut. En témoignerait aussi la floraison des religions « à la carte », syncrétiques et affranchies des institutions. Dès lors, il ne faudrait pas demander au croyant des raisons de croire. Pourtant on voit bien que la religion a intérêt à se placer à l’abri de toute critique : dire qu’elle se tient dans une relation personnelle de l’humain au sacré, n’est-ce pas l’exempter d’avoir à rendre compte du fanatisme religieux et de la quantité invraisemblable de crimes commis en son nom ? »