Archives de catégorie : Économie

19/09/17
Mondialisation et classes sociales – 3 / 3
Renato Di Ruzza*

Les classes sociales dans le capitalisme

Le capitalisme est une société basée sur la production et l’échange de marchandises. Cela signifie en dernière instance, que pour acquérir n’importe quel service ou objet nécessaire pour vivre, il faut avoir l’argent pour l’acheter.

En principe, on pourrait penser que ce qui caractérise les différentes classes, c’est la façon dont elles obtiennent l’argent   : les travailleurs reçoivent un salaire et les capitalistes une partie de la plus-value que ces derniers génèrent, c’est-à-dire un bénéfice. Cependant, ceci est bien plus une conséquence de l’appartenance à différentes classes que ce qui les définit.

Les travailleurs reçoivent un salaire parce qu’ils sont des travailleurs, et non l’inverse. Ce qui définit les classes, c’est leur relation avec les moyens de production, et à travers eux, leur relation avec le reste de la société et le reste des autres classes. Le prolétariat se définit en premier lieu en négatif, comme celui qui est dépossédé de tout moyen de production qui ne soit pas sa propre capacité de travail. Cela est évidemment rendu possible par l’existence d’une autre classe, la bourgeoisie, qui est propriétaire des moyens de production nécessaires pour reproduire cette société.

* Renato Di Ruzza est Docteur d’Etat,

Maître de Conférences, 
Agrégé des Universités, 
Membre du Centre d’épistémologie et d’ergologie comparatives (UMR CNR) 
Professeur des universités en sciences économiques 
Êconomiste, ancien directeur scientifique à l’Iseres 
Ancien directeur du département d’ergologie de l’université de Provence

12/09/17
Mondialisation et classes sociales – 2 / 3
Renato Di Ruzza*

La mondialisation bouleverse l’ordre économique et aussi les rapports sociaux. Elle ébranle ou renforce les anciennes hiérarchies, produit de nouveaux clivages entre les classes, ouvre aussi des possibilités de mobilité sociale.
Aborder la mondialisation sous l’angle de la stratification sociale permet de rompre avec une vision trop homogénéïsante de la globalisation et apporte des perspectives nouvelles dans l’analyse des structures sociales.
Comment se sont construits historiquement des rapports inégaux à l’espace mondial ? Assiste-t-on à une recomposition des bourgeoisies nationales sous l’effet de l’ouverture des frontières ? Peut-on parler de l’émergence d’une classe dominante internationale ? Les classes populaires sont-elles dans un rapport de simple dépossession face à ce processus ? L’immigration peut-elle susciter une mondialisation par le bas ? Pourquoi les classes moyennes sont-elles les plus engagées dans les causes internationales ? Qu’est devenu l’internationalisme du mouvement ouvrier ?

 

* Renato Di Ruzza est Docteur d’Etat, Maître de Conférences, Agrégé des Universités,  membre du Centre d’épistémologie et d’ergologie comparatives (UMR CNR
Professeur des universités en sciences économiques
Êconomiste, ancien directeur scientifique à l’Iseres 
Ancien directeur du département d’ergologie de l’université de Provence 

13/06/17
La théorie de l’offre 1/2
René Teboul

La théorie de l’offre au cœur de la politique économique libérale : fondements théoriques et résultats

 

*René TEBOUL

Maître de conférences HDR à l’Université de la Méditerranée (habilité à diriger des recherches)

Directeur de recherche au CEFI-CNRS

Champs de recherche

Economies méditerranéennes : répercussions de la crise climatique et économique dans les économies maghrébines et de l’Afrique sub-saharienne, incidences de la dégradation des structures économiques de l’Afrique sub-saharienne sur les économies maghrébines, notamment en ce qui concerne les migrations internationales.

René Teboul vous propose de visiter son blog : http://www.blogg.org/blog-108630.html

23/05/17
L’histoire de l’économie politique : Keynes – 5/5
Renato Di Ruzza*

Pour Keynes, la demande globale est l’élément fondateur d’un cycle économique. En effet, en période de crise, la demande globale baisse ce qui provoque un ralentissement de l’économie générale, et donc accroît cette période de crise.

Keynes développe l’idée selon laquelle la demande agrégée doit être orientée afin d’inverser la tendance des crises et par la même occasion assainir l’instabilité du capitalisme. Et ce rôle de soutient à l’économie revient à l’État qui est garant de la santé économique du pays.

* Renato Di Ruzza est Docteur d’Etat, Maître de Conférences, Agrégé des Universités,  membre du Centre d’épistémologie et d’ergologie comparatives (UMR CNR
Professeur des universités en sciences économiques
Economiste, ancien directeur scientifique à l’Iseres 
Ancien directeur du département d’ergologie de l’université de Provence 

23/05/17
Le travail : Emploi et activité – 1/2
Jacques Calvet*

Emploi et travail sont deux concepts différents, souvent confondus à tort, tant la norme d’emploi, qui s’est étendue à tout type de travail dans nos sociétés industrielles marchandes, a imprégné les esprits. En effet, on peut avoir un emploi et ne pas travailler : c’est le cas de l’ouvrier en chômage partiel qui a un emploi, mais qui, temporairement, ne travaille pas. On peut aussi travailler et ne pas avoir d’emploi : c’est le cas de la mère de famille qui n’est pas rémunérée pour les services qu’elle rend. Elle dépend du revenu du mari, qui lui donne indirectement droit à la protection sociale.

*Jacques Calvet, professeur de sciences économiques d’abord à Grenoble, Université Pierre-mendès-France, jusqu’en 1999, puis à l’Université d’Avignon de 1999 à 2012. Doyen de la Faculté de sciences économiques de Grenoble de 1991 à 1997.
Spécialités (entre autres) : économie spatiale, économie industrielle, économie monétaire.

15/05/17
Les pensées dominées : Marx et Keynes – 3/5
Renato Di Ruzza* – Economie

Les pensées dominées : Marx et Keynes

Depuis plus de trente ans, un courant de pensée domine en économie : c’est l’idéologie scientifique « néoclassique », qui croit à un « équilibre général des marchés » et entretient des liaisons très étroites avec le néolibéralisme. Pourtant, le fait est qu’il n’existe pas, à l’intérieur du courant dominant, de théorie de la crise. En clair, l’idéologie du capitalisme non seulement ne prend pas la crise pour objet d’étude, mais encore n’est pas en mesure d’expliquer la crise du capitalisme réellement existant. Les rares économistes orthodoxes qui s’y intéressent l’analysent d’ailleurs à partir de facteurs toujours extérieurs aux marchés, venant perturber les mécanismes de correction automatique par les prix. Pour eux, la concentration de la propriété privée et la logique de maximisation du profit individuel ne sont pas des problèmes.

* Renato Di Ruzza est Docteur d’Etat, Maître de Conférences, Agrégé des Universités membre du Centre d’épistémologie et d’ergologie comparatives (UMR CNR
Professeur des universités en sciences économiques
Economiste, ancien directeur scientifique à l’Iseres 
Ancien directeur du département d’ergologie de l’université de Provence 

 

02/05/17
La pensée dominante : le libéralisme néoclassique – 2/3
Renato Di Ruzza* – Economie

À partir du dernier quart du XIXe siècle, et tout au long du XXe siècle, le courant dit « néo-classique » va progressivement devenir dominant. Si les thèmes de rupture avec les classiques rassemblent les auteurs de ce courant, celui-ci est traversé par de nombreuses écoles qui divergent sur l’analyse de la valeur, de l’emploi, de la politique économique et, de façon générale, sur l’efficacité des marchés.

* Renato Di Ruzza est Docteur d’Etat, Maître de Conférences, Agrégé des Universités membre du Centre d’épistémologie et d’ergologie comparatives
Professeur des universités en sciences économiques
Economiste, ancien directeur scientifique à l’Iseres 
Ancien directeur du département d’ergologie de l’université de Provence 

25/04/17
L’histoire de l’économie politique – 1/3
Renato Di Ruzza* – Economie

Pensée économique et luttes de classes

La notion de classe sociale fait partie du lexique sociologique courant. L’analyse marxiste en fait une pièce centrale de la critique du capitalisme, en mettant l’accent sur la distance entre les groupes sociaux, qui sont fermés les uns aux autres. Marx parle de classe sociale pour désigner un groupe de grande dimension rassemblant des individus se ressemblant socialement. Les membres d’une même classe sociale se caractérisent par une même place dans les rapports de production, un mode de vie et des ressources propres, le sentiment d’appartenir à ce groupe, et une certaine capacité de mobilisation.

La position qu’occupent les individus dans le processus de production définit leur classe sociale. Elle est liée à une organisation objective lorsque ses membres ont le sentiment d’appartenir à un groupe ayant des intérêts en commun à défendre face à un ennemi clairement identifié. Elle est liée à la conscience collective.

La lutte des classes est au cœur du mode de production capitaliste, caractérisé par l’apparition du salariat et l’antagonisme entre la bourgeoisie et le prolétariat.

* Renato Di Ruzza

Le Capital du 21ème siècle de Thomas Piketty

Document de présentation proposé par Bernard Tabuteau

Télécharger au format pdf en cliquant sur le lien ci-dessous :

PIKETTY UPPAE

LE CAPITAL DU XXIe SIECLE

« Livre le plus important de la décennie » (Krugman), traduit en 40 langues

Piketty replace son analyse du capital au 21ème siècle dans une histoire générale du patrimoine et des inégalités depuis le début 18ème siècle.

Il montre que le Capital a eu tendance tout au long de son histoire à produire des niveaux d’inégalité croissants parce que le rendement du Capital (r) excède le taux de croissance du Revenu national (g). C’est la contradiction centrale du Capital.

La richesse par le patrimoine s’accroît par les revenus qu’il génère à un rythme supérieur à celui des revenus salariaux. C’est la cause principale de l’importance du patrimoine / aux revenus.

Note technique

Le capital ou patrimoine, K : actifs financiers et non financiers

Le Revenu National, RN : somme des revenus du travail et ds revenus du capital

PIB + revenus issus d’agents économiques à l’étranger – revenus versés à agents à l’étranger = RN

Enorme travail de reconstitution de séries de K et de RN

Analyses de Piketty complétées par des éléments du contexte économico-social propres à chaque période

Cas de la France avec quelques références aux EU

Section 1 : le patrimoine-roi, situation prédominante en régime capitaliste

Sur très long terme (depuis 1700) le patrimoine total est en moyenne égal à 5 fois le RN (K/RN=5)

Ce rapport varie au cours du temps, d’où plusieurs périodes historiques

Prédominance de K/RN expliquée par Piketty à travers 3 analyses convergentes

§1. Les témoignages littéraires

« Le père Goriot » : les revenus de l’activité d’entrepreneur sont épargnés et donnent naissance au capital + l’accumulation du capital est sources de revenus bien supérieurs à ceux de l’activité

« Du côté de chez Swann » : les rentes d’Etat constituent la composante majeure de la fortune des classes supérieures

§2. Le taux de rendement du capital supérieur à celui du revenu national

r = RK/K g = RN(n) – RN(n-1) / RN

Depuis 1700, en dehors de la période des « 30 Glorieuses », r a oscillé entre 3-6% / an….g a toujours été inférieur à 3%

r > g pousse à la hausse du rapport K/RN

r > g accroît la part des revenus du capital dans le RN au détriment de la part restante, celle des salaires. Cette situation est une « force de divergence » dans la répartition des richesses entre les ménages

§3. La courbe K/RN depuis 1700 à l’avantage de K (graphe 3.2)

La courbe K/RN en forme de U dans tous les pays développés de l’ouest, notamment France et RU

Son examen fait apparaître une prédominance des périodes où K/RN > 5 : jq 1910 et de 2000 à 2010

Section 2 : les fluctuations des situations patrimoniales depuis 1700

La dynamique de K peut être bouleversée par une série d’événements : chocs extérieurs (guerres), évolutions du système économique, bouleversements sociaux, etc…

Donc : l’évolution de K/RN ne peut se réduire à la seule référence à la loi générale r > g … d’où la courbe en forme de U et non une droite croissante

§1. Le haut niveau de départ de K/RN en Europe au 18ème siècle

K/RN = 7 pour les courbes européennes entre 1700 et 1910

Avant le 19ème siècle la rente financière = 4-5% et g < 1% : l’agriculture reste prédominante, les terres représentent une part très importante de la richesse mais décroissante avec le développement du capitalisme commercial puis industriel (fin 18ème au RU, milieu 19ème en France) et les exportations de capitaux (colonies, pays émergents).

19ème : durant cette période r (supérieur à 3%) est nettement supérieur à g (croissance entre 1 et 1,5%), donc K/RN reste à un niveau élevé.

Le niveau élevé de K/RN en Europe correspond aussi à une prédominance de l’héritage sur le travail : en 1860 la part des revenus du capital dans le revenu national est à un niveau qui ne sera jamais plus atteint (supérieur à 40%)

§2. Le choc des guerres, l’après guerre 1914, la crise de 1929 et la chute de K

Entre 1910 et 1950, la chute de K est continue :

.période des 2 guerres et immédiat après guerres : destruction physique de capital + inflation forte (anéantissement de la valeur réelle de l’épargne financière) + poursuite baisse de la valeur des terres

.repli national suite 1ère guerre, crise mondiale de 1929, politiques autarciques en Allemagne et Italie : succession de dévaluations, restriction des échanges, chutes de production….pèsent sur r et g (même si r demeure supérieur à g) = freins à la remontée de K

§3. La persistance d’un capital de niveau « faible » mais croissant au cours des « 30 Glorieuses »

Elévation lente entre 1950 et 1975 mai K/RN < 4 en 1975

Facteurs favorables à la remontée de K : fin de l’inflation à 2 chiffres + accession à la propriété du logement pour un nombre croissant de ménages

Elévation lente de K car faible écart entre r et g (voire souvent écart < 0) : g atteint de niveaux exceptionnels, r plutôt dans la branche basse de la fourchette historique (entre 3 et 6%) :

.forte croissance de g : diffusion rapide du mode de vie US (consommation de masse) favorisé par politique de crédit + hausse des salaires + forte croissance de l’investissement public,

.progression modérée de r : profits réinvestis, encadrement du crédit

§4. Le retour du capital dans les années 1980

K/RN > 5 dans les années 2000

Affaiblissement de g (fin diffusion consommation de masse) + r tend à s’élever par différenciation de r (épargne classique / placements financiers) :

.révolution néo-libérale des années 1980,

.triomphe de la mondialisation financière,

.rapport de forces devient défavorable aux salariés (chômage de masse, délocalisations, ….)

§5. Affinement de l’analyse : l’insuffisance de la comparaison entre r et g

Evolutions r, g n’expliquent pas intégralement la courbe K/RN :

.alors que r > g sur période 1810-1910, K/RN reste à un niveau élevé mais n’augmente pas : on assiste au cours de cette période à un transfert progressif du capital de la terre vers l’industrie et le commerce qui fait chuter la valeur des terres agricoles ;

.l’écart positif entre r et g est insuffisant pour comprendre l’évolution de K/RN entre 1910 et 1950. Entre 1910-1920 ce sont principalement les destructions de capital et la forte inflation qui expliquent la chute de K.

Entre 1920 et 1950, r reste supérieur à g (g est faible) ce qui pousse à la hausse de K mais si le capital industriel s’élève il ne fait que compenser la chute de valeur du capital immobilier et de la terre ;

.pendant les « 30 Glorieuses » (1950-75), K/RN n’augmente que faiblement car r n’est pas toujours > g mais ce qui et remarquable au cours de cette période c’est la forte augmentation du capital « logements » (accession à la propriété d’un nombre croissant de ménages)

Section 3 : les spécificités des inégalités aux 19ème et 20ème siècle

§1. L’évolution des inégalités de revenus en France depuis un siècle : d’une société de rentiers à une société de cadres

Entre la Belle Epoque et l’époque contemporaine (années 2000) la France a connu une réduction des inégalités de revenus (avant impôts et transferts) : la part du décile supérieur des revenus dans le revenu national est supérieure à 45% avant 1914 contre 30-35% aujourd’hui (graphe 8.1)

Passage d’une société de rentiers à une société de cadres : avant 1914 les revenus du capital étaient majoritaires dans le centile supérieur …. au début du 21ème siècle ce sont les revenus salariaux (graphe 8.2, écart entre les 2 courbes)

Pour Piketty la réduction des inégalités est liée à la chute de K et donc de K/RN de 7 en 1910 à moins de 4 en 1970 (choc des guerres, des crises, inflation…) et aux politiques économiques conduites après la deuxième guerre

L’entre deux guerres : divergence entre les évolutions du décile supérieur et du centile supérieur (8.1 et 8.2) : la part du premier ne baisse que dans la décennie 1935-45 alors que celle du second baisse sur toute la période.

Les divergences s’expliquent par la composition différente des revenus de ces 2 catégories : part plus élevée des revenus du capital dans le centile, or dans cette période K chute fortement

La période 45-65 : hausse des inégalités salaires et revenus (principalement loyers)

La période 1965-83 : les inégalités salariales, et encore plus de revenus, se réduisent nettement :

.mouvement de mai 1968 se traduit par une hausse du SMIC de 20%, son indexation sur les salaires moyens, des coups de pouces réguliers dans un contexte de rapport de forces favorable aux salariés ; même sens en 1981-83 ;

.reprise d’une forte inflation (hausse du prix du pétrole, indexation…), maintien d’une fiscalité progressive pèsent sur salaires et revenus mais spécialement sur ces derniers et donc sur la hausse des revenus non salariaux.

La période débutant dans les années 1980 : période marquée par la révolution néo-libérale, la mondialisation financière, la libération des mouvements de capitaux, un compromis social devenant défavorable aux salariés.

Les inégalités de salaires et de revenus recommencent à croître au bénéfice du haut encadrement et des détenteurs de capital important.

La part des revenus du capital dans le RN est à la hausse : 20% en 1980, 30% en 2010

De nouveaux modes de rémunération apparaissent, surtout à compter des années 1990, pour le haut encadrement : bonus, primes, octroi d’actions…une forme d’alliance se noue entre le haut encadrement et les actionnaires.

La reprise des inégalités est toutefois moins nette qu’aux EU.

§2. Aux EU forte augmentation des inégalités à compter de la fin des années 1970, montée des super-salaires

Les inégalités de revenus décroissent fortement entre 1910-1929 et1970 : le décile supérieur reçoit 40% du RN en 1910, 50% avant la crise de 1929 et 30-35% en 1970 (8.5)

La chute du capital sur la période (due ici à la crise plutôt qu’aux guerres) et les politiques conduites (New Deal, Etat-Providence) permettent de l’expliquer.

A/c de la fin des années 1970 nouvel accroissement des inégalités : la part du décile supérieur dans le RN passe de 30-35% dans les 70′ à 40-45% en 2010.

L’essentiel de cette forte hausse provient du centile supérieur : le supercadre également actionnaire est un des personnages types de cette période.

De plus, le salaire minimum fédéral est nettement < SMIC

§3. La montée d’une classe moyenne patrimoniale

Le centile supérieur détient en France entre 20-30% du patrimoine en 2010 contre 60% en 1910 (10.1) ; pour le décile supérieur, respectivement 60 et 90%

Entre le décile supérieur et les 50% les plus pauvres (5% du patrimoine) émerge une classe moyenne patrimoniale, 35% du capital en 2010 :

.les destructions de K suite aux guerres et à l’inflation affectent le décile supérieur,

.les politiques conduites pendant les 30 Glorieuses : faible écart entre r et g, forte progressivité fiscale, indexation et hausse des salaires, encadrement et orientation du crédit…

§4. Reprise de la concentration du patrimoine depuis 1990

Dans tous les pays, davantage aux EU (10.5 et 10.1) une tendance à la reprise de la concentration du patrimoine s’affirme a/c des 1980′ : l’écart croissant entre r et g la favorise ainsi que le fort recul de la progressivité des impôts sur les revenus et les successions.

Si l’écart entre r et g se maintient cette tendance s’accentuera en l’absence de politiques correctrices

Section 4 : Réguler le capitalisme du 21ème siècle

Jq quel point l’inégalité des fortunes est-elle acceptable ? La société méritocratique moderne, notamment au EU n’est-elle pas trop dure pour les perdants ?….

Piketty revient sur la construction historique de « l’Etat social » et exprime qqs propositions

Dans la période historique 1930-1950, aux Eu puis en Europe occidentale, dans un contexte politique et géopolitique très particulier, l’Etat va progressivement prendre en charge un certain nombre de missions sociales (éducation, santé, retraites…), mettre en œuvre une réforme profonde de la fiscalité (forte progressivité sur les revenus et les successions), instaurer de cotisations sociales…

Il convient aujourd’hui, dans un contexte de concurrence mondialisée, de s’interroger :

.sur les meilleurs moyens d’assurer ces missions sociales (par exemple des partenariats Etat-Fondations ou Associations),

.sur les limites des inégalités de revenus afin de permettre la méritocratie républicaine.

Dans ce contexte et tenant compte des expériences historiques il avance qqs propositions visant à une réforme fiscale mondiale :

.développer les travaux d’études et de recherche sur les inégalités,

.progressivité de l’IRPP : Piketty juge optimal la taxation de la dernière tranche à 80%,

.progressivité du taux d’imposition du patrimoine,

.l’imposition du capital ne pourra être efficace que si elle s’effectue à taux uniformes à l’échelle mondiale (dans un premier temps UE)

Exemple : impossible de taxer les armateurs grecs en l’absence de coopération internationale

Exemple : le mécanisme de résolution des crises financières de l’UE prévoit une mise à contribution prioritaire des actionnaires

Atkinson, élève et collègue de Piketty, élargit les propositions, réhabilitant le rôle de la puissance publique :

.assigner à l’Etat un objectif cible en matière de chômage supposant une offre garantie d’emplois publics,

.promouvoir une politique nationale de rémunérations avec un salaire minimum suffisant,

.créer une autorité d’investissement public gérant un fonds souverain,

.rendre l’impôt (revenus et successions) nettement plus progressif…dont une partie serait employée à financer un « héritage minimum » à l’âge de 18 ans,

.donner aux salariés un pouvoir accrû au sein de entreprises notamment sur l’organisation du travail et l’emploi, etc, etc…

Section 5 : Piketty et Marx

Proximité des titres des ouvrages : Le capital du 21ème siècle (2013) / Le Capital (volume 1, 1867)

Piketty travaille à l’intérieur du système capitaliste dans toute son évolution historique depuis 1700 et dégage une loi fondamentale de son fonctionnement, au delà de ses différentes formes historiques.

La tendance inéluctable sur le long terme à la reproduction des inégalités dans la distribution des richesses quelles que soient les configurations historiques et quels que soient les territoires de développement du capitalisme

Marx cherche moins à prouver des inégalités économiques qu’à en découvrir les racines au sein du processus de production capitaliste :

.la situation de dépendance (aliénation) du salarié / propriétaire des moyens de production le contraint à vendre sa force de travail pour subsister,

.le capitaliste cherche à en minorer le coût pour optimiser son profit, dans un contexte de concurrence, mais ne peut s’en passer car seul le travail crée la richesse

Des analyses différentes se situent dans des perspectives différentes

La recherche de Piketty est guidée par une interrogation morale -jq quel degré les inégalités sont-elles acceptables- et éthique, comment donner sens à la méritocratie. Il recherche un « capitalisme à visage humain » :

.action des Etats,

.coopération des Etats à l’échelle mondiale allant jq parler de gouvernement mondial,

.à ceux qui crient à l’utopie Piketty fait remarquer que l’idée d’un impôt sur les revenus a longtemps été rejetée

Pour Marx non seulement les inégalités mais la dépendance du dominé sont inhérentes au fonctionnement du capitalisme :

.la disparition des inégalités est subordonnée à l’avènement d’une société supérieure,

.ses analyses sont toujours resituées dans une longue perspective historique, les conflits de classes sont, pour lui, le moteur de l’Histoire

03/01/17
Le Capital du 21ème siècle de Thomas Piketty 1/3
Economie – Bernard Tabuteau

 

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Présentation de la thèse centrale du livre « Le Capital du 21ème siècle » de Thomas Piketty (1/3)

Présentation de la thèse centrale du livre : le taux de rendement du capital est supérieur à celui du revenu national et début de présentation de l’évolution du rapport entre le patrimoine et le revenu national

Thomas Piketty enseignant-chercheur en économie publie en 2013 un ouvrage majeur de plus de 900 pages « Le Capital du 21ème siècle ». Cet ouvrage a connu un grand succès, notamment en France et aux EU, et a été traduit dans 40 langues.

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Le Capital du 21ème siècle de Thomas Piketty 1/3
Economie – Bernard Tabuteau

Le chômage : concept et définition
Jacques Calvet

Jacques Calvet

Le chômage peut être défini comme l’état d’inactivité d’une personne souhaitant travailler. Cette définition du chômage connaît de nombreuses variantes et son concept donne toujours lieu à des controverses théoriques et statistiques.

Le chômage est souvent considéré comme résiduel et volontaire jusqu’au début du XXe siècle.