08/11/16
Philosophie analytique du langage 1/2
Philosophie – Anaïs Simon

Comment parler de son corps ?
Ai-je ou suis-je un corps ? 

ying_yangA propos de ce corps que nous appelons “ notre corps ”, nous nous trouvons paradoxalement face à une véritable difficulté philosophique.

D’un côté si nous nous fions à l’impression immédiate que nous transmettent à la fois la conscience et nos sensations internes, il nous semble que nous pilotons notre corps et qu’il répond à notre volonté. Mais d’un autre côté, la maladie, l’âge, de même que les découvertes des sciences neurobiologiques contemporaines nous invitent au contraire à vivre notre corps sur le mode de l’immanence, et non plus celui de l’appartenance. Bref, tantôt il me semble que j’ai un corps, tantôt j’ai l’impression que je suis ce corps.

Cette ambiguïté se reflète dans la concurrence entre deux positions irréconciliables dans l’histoire de la philosophie et de la pensée : le matérialisme strict et le dualisme. Soit tout est corps et matière, y compris ma conscience, ma subjectivité ; soit je suis une “ chose qui pense ”, unie pour un temps à ce corps que je reconnais comme mien.

La philosophie analytique du langage, telle que Wittgenstein la met au point dans le premier quart du XXe siècle, apparaît comme un formidable outil conceptuel et méthodologique pour tenter d’élucider l’apparente aporie que rencontre tout discours sur le corps propre. Il s’agira d’établir, grâce à cette méthode d’analyse des propositions du langage et de clarification des concepts, quelle serait la bonne façon de parler de son corps, et par conséquent, la bonne façon de le penser et de se penser soi-même.

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